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Un tramway nommé… fret
Des tramways dédiés au transport de marchandises, au cœur des grandes agglomérations ? Le concept de tram-fret urbain, encore inédit en France, commence pourtant à prendre forme dans l’esprit des collectivités locales, des acteurs privés et de l’opinion publique. Les enjeux sont d’importance : désengorger les centres-villes, réduire la pollution atmosphérique.
Le fret urbain sature les centres-villes
Aujourd’hui, les centres-villes sont de plus en plus congestionnés. Ils sont notamment victimes d’un fret urbain qui a largement recours aux transporteurs routiers (à Paris, un véhicule sur cinq est dédié fret). Les conséquences sur la pollution de l’air sont majeures. Selon l’Ademe*, près de 50 % du gazole consommé en ville est imputable au transport de marchandises, également responsable d’un quart des émissions de gaz à effet de serre. Sans oublier les nuisances sonores et l'insécurité routière. Cette situation incite les acteurs du fret urbain à s'interroger sur des modes de transport et de distribution alternatifs. Pour beaucoup d’entre eux, le tramway apparaît comme une solution crédible pour remédier à ces difficultés.
Le tram-fret, une démarche « développement durable »
Aujourd’hui, le tramway ne s’envisage plus simplement pour les passagers, mais aussi pour les marchandises. Il a d’ores et déjà prouvé sa capacité à fluidifier la circulation urbaine. Son utilisation pour le transport de marchandises permettrait donc de réduire la pollution atmosphérique. Du côté des transporteurs, le tram-fret engendrerait un gain de temps précieux et, à terme, une baisse des coûts. Quant aux constructeurs, il s’agit d’une source de diversification, capable de rentabiliser plus rapidement les investissements consentis pour construire l’infrastructure du tramway.
Le tram-fret, comment ça marche ?
Pour répondre aux exigences du fret urbain, le tram-fret doit évoluer, notamment pour assurer des transports de grande capacité (chargement de palettes d’une tonne) depuis des sites de production et de stockage, situés en périphérie, avant de relier les centres-villes. Des voitures électriques parcourent les quelques kilomètres qui séparent les rames des supermarchés et autres magasins. Autre solution envisagée : des trams-fret pouvant aussi bien circuler sur un réseau de tramway que sur un réseau ferré régional, afin d’accéder plus rapidement au cœur de la Cité. On retrouve d’ailleurs cet « mutualisation » des voies avec les rames tram-train Citadis Dualis, qui desserviront pour la première fois en France les agglomérations de Nantes et Lyon en 2010.
Des freins à contourner
Si le tram-fret peut se prévaloir de solides arguments, il subsiste encore quelques freins à son déploiement. Les investissements de voirie et de logistique nécessaires sont importants et rendent difficile un rapide essor de ce mode de transport. Il faut par exemple créer (ou louer) des plateformes logistiques pour la production ou le stockage des marchandises à proximité des rames. En un mot, l’approvisionnement des villes par le tram reste cher. Mais la hausse vertigineuse des prix des carburants devrait progressivement lisser cet écart. Sans compter l’écho positif que cette solution rencontre auprès de l’opinion publique, et in fine, auprès des pouvoirs publics.
Amsterdam, l’exemple à suivre
Depuis mars 2007, des tramways spécialement aménagés sillonnent les rues de la capitale hollandaise. Leurs particularités ? Ils contiennent chacun près de trente tonnes de marchandises et de matières premières. Dès cette année, ce sont près de cinquante rames qui devraient circuler dans les rues d’Amsterdam afin d’approvisionner les magasins, les supermarchés et les restaurants du centre de la ville « aux mille canaux ».
L’objectif affiché est de diminuer le trafic des poids lourds et de « donner un peu d’air » aux habitants. La mise en place du tram-fret soustrait chaque jour aux rues d’Amsterdam l’équivalent de 2500 camions. Soit une baisse de 15 à 20 % de la pollution de l’air.