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Yves Laurin : « Le tramway est un objet de fierté pour les Mulhousiens »
Inauguré il y a un an, le tramway de Mulhouse a trouvé sa vitesse de croisière au cœur du nouveau réseau bus-tramway de l’agglomération alsacienne. Son succès devrait d’ailleurs se confirmer dans les prochains mois avec l’augmentation prévue du nombre de passagers transportés. Etat des lieux avec Yves Laurin, Directeur du réseau SOLEA (Groupe Transdev).
Après cette première année d’exploitation, quel est le premier bilan du tramway de Mulhouse ?
Sur les sept premiers mois de l’année 2007, les recettes ont augmenté de 10 %. Si je ne tiens pas compte de la stabilité des recettes des collégiens et lycéens, première clientèle du réseau au départ, l’augmentation de tous les autres usagers est très encourageante puisqu’elle est de 13 %.
Avez-vous fait des projections en termes de fréquentation au cours des prochains mois ?
Nous sommes sur un rythme de montée en charge de notre nouveau réseau, réorganisé autour de cette première phase de tramway. C’est un rythme normal et conforme au retour d’expérience accumulé par Transdev sur de nombreuses lignes de tramway. Cette croissance va probablement se poursuivre au même rythme dans les douze prochains mois. La fréquentation du tramway lui-même a été évaluée à 40 000 voyageurs par jour en novembre 2006. C’est encourageant puisqu’en rythme stabilisé, nous prévoyons d’atteindre sur les vingt-quatre prochains mois 43 000 voyageurs par jour sur cette phase-là. Les retours d’expérience nous laissent penser que nous serons probablement au-delà de ces prévisions.
Que pensent vos usagers de ce nouveau réseau ? Sont-ils séduits par le tramway ?
Au-delà du simple tramway, il faut considérer le réseau dans son ensemble, même si 60 % des déplacements au sein de ce réseau bus-tramway de Mulhouse emploient au moins à un moment le tramway. Depuis la mise en place de la nouvelle organisation et du nouveau tracé des lignes de bus, nous avons eu des réclamations… comme lors de tout changement important. Les lignes et leur numéro ont changé et les clients ont dû trouver de nouveaux repères. Au dernier trimestre 2006, les réclamations ont été nombreuses mais moindre –de l’ordre de 60% - par comparaison à ce que certains réseaux ont connu. Dès le mois de janvier 2007, le nombre de réclamations est revenu à la normale (2 par jour). Aujourd’hui, le public mulhousien a compris et adopté la nouvelle organisation des lignes. Concernant le tramway, les critiques sont très peu nombreuses. Il est très apprécié pour son confort et son accessibilité. Les temps de trajets sont fiables, les correspondances tramway-bus sont bonnes. Les gens peuvent compter sur le tramway. Les lettres envoyées à la presse locale par les Mulhousiens sont dans la majorité positives à l’égard de leurs transports en commun et particulièrement du tramway. Aujourd’hui, nous pouvons dire que le tramway est vraiment un objet de fierté pour les Mulhousiens.

Certains conducteurs sont habilités à la fois au bus et au tramway. Comment gèrent-ils cette polyvalence ?
Peu de réseaux ont des conducteurs spécifiquement dédiés au bus ou au tramway. Nous sommes comme à Nantes, Strasbourg ou Orléans… Sur nos 310 conducteurs actuels, 75 sont habilités tramway, mais ils ont tous le permis bus et sont donc tous susceptibles de conduire un bus. Les appréciations sont diverses. Certains ne souhaiteraient faire que du tramway, cela pour plusieurs raisons : le plaisir qu’ils ont à le conduire, certaines caractéristiques d’organisation du travail et l’horaire. D’autres souhaitent garder un peu de conduite de bus de temps à autre, simplement pour changer. De toute façon, notre parti pris est que chacun doit faire les deux.
L’apparition du tramway mulhousien a-t-elle fait émerger de nouveaux métiers dans certains secteurs ?
L’entreprise a augmenté ses effectifs. Avec 480 personnes, c’est 30 de plus qu’il y a deux ans. Au cours de ces deux dernières années, les recrutements ont représenté 30 % des effectifs de l’entreprise, ce qui est considérable. Parmi ces effectifs, la plupart travaillent dans la régulation. La bonne organisation du réseau entre tramways et bus est fondamentale pour les clients. Nous avons donc procédé à des évolutions de carrière sur ces métiers, ce qui correspond à la fois à des évolutions de carrière et de compétences. Des conducteurs ont intégré la régulation, car le métier de régulateur s’est profondément transformé. Le régulateur d’aujourd’hui gère les incidents éventuels sur les lignes, mais aussi l’énergie et les dispositions de sécurité, qui sont assez complexes. La maintenance a également beaucoup évolué, celle du matériel roulant comme celle des installations fixes. Là aussi, de nouveaux métiers sont apparus. Mais au-delà de ça, l’arrivée du tramway a eu un impact sur tous les métiers de l’entreprise, de la formation aux agences commerciales, puisque nous sommes passés à un contexte dans lequel le réseau est à la conquête d’une clientèle nouvelle.
Comment se déroule le travail des équipes de maintenance ?
Une trentaine de personnes travaillent sur la maintenance, pour moitié sur le matériel roulant, l’autre moitié étant dédiée aux installations fixes. Ils sont en coulisse et leur travail a vocation à être très transparent. Sur la maintenance du matériel roulant, nos chefs d’équipe et nos ouvriers ont travaillé main dans la main depuis l’arrivée des premiers tramways avec les équipes d’Alstom, qui sont moins nombreuses aujourd’hui, mais qui ont joué un rôle tout à fait primordial. Les rapports ont dépassé ceux de fournisseurs à client pour devenir des rapports de professionnels techniques réunis autour d’un même enjeu : celui de la réussite du tramway.
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