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« Spécialiste en matériel roulant, Alstom est aussi expert en voie ferrée ! »
Alstom est renommé pour ses matériels roulants comme pour ses activités d’infrastructure, d’alimentation en énergie et de signalisation. En tant que multi-spécialiste, Alstom est aussi le seul industriel ferroviaire à pouvoir revendiquer une expertise intégrée en voies ferrées. Jean de la Chapelle, Directeur de la plate-forme Voie Ferrée d’Alstom Transport, présente cette activité qui place Alstom au 3e rang des constructeurs de voies en France.
Quelle est l’expertise d’Alstom en matière de construction de voie ferrée ?
Tout d’abord, il faut savoir qu’il existe deux catégories principales de voies : la voie béton et la voie ballast*. Dans le transport ferroviaire (tramway, métro, grande ligne), l’une ou l’autre sont utilisées comme structures de fixation des rails, sachant que, sur le plan technique, une voie béton est plus stable et nécessite moins de maintenance qu’une voie ballast. Cette dernière est moins chère et est construite avec des moyens hautement mécanisés et avec une cadence de chantier largement plus élevée.
Toutefois, lorsqu’il s’agit de faire un choix, le critère décisif est l’environnement du système de transport. D’une manière générale, nous utilisons la voie béton pour le tramway et le métro et la voie ballast pour les grandes lignes ou l’interurbain. Spécialisé dans les deux structures, Alstom Transport totalise plus de 1300 kilomètres de voies construites, ce qui en fait le 3e constructeur de voies français, avec l’essentiel de nos chantiers à l’export.
Pour ce qui concerne plus particulièrement le tramway, nos principales références en la matière sont Orléans, Bordeaux, Grenoble, et Lyon LEA (la troisième ligne de tramway de Lyon, desservant l’est de l’agglomération). Nous sommes actuellement mobilisés sur les extensions du tram de Bordeaux et sur les tramways de Jérusalem, Alger, Reims, Orléans et Florence. Nous pouvons y ajouter également le chantier de Toulouse remporté en janvier dernier et dont la construction débutera dés la mi-2008.
Comment vous situez-vous par rapport aux deux plus gros concurrents d’Alstom Transport, Siemens et Bombardier ?
Alstom Transport est le seul industriel au monde à pouvoir construire « in house » des voies ferrées, à la différence de Siemens et Bombardier qui, eux, recourent à la sous-traitance. Nous avons en effet nos propres équipes, nos propres moyens de chantiers de voie ferrée, et une très forte compétence en ingénierie.
Comment Alstom Transport aborde-t-il les projets de voie ferrée ?
Du fait de notre expertise en ingénierie, les voies que nous construisons sont un élément cohérent d’un système de transport. Nous prenons en effet en compte toutes les interfaces. Par exemple, dans le cas du matériel roulant nous trouvons la meilleure solution pour atténuer les bruits et les vibrations. Nous prenons également en compte toutes les contraintes liées aux contrats « clés en main », afin que l’activité voie ferrée s’intègre dans l'ensemble du projet. Ainsi en 2004, la ville de Lyon a lancé un appel d’offres pour la construction d’une trentaine de kilomètres de voie ferrée pour la ligne de tramway de LEA. Parmi nos concurrents figuraient tous les spécialistes de la pose de voie : Colas Rail, Vossloh, TSO et Spie Rail. Au final, nous avons été retenus, notre offre étant la plus compétitive non seulement du point de vue commercial mais aussi et surtout en termes techniques.
Quelle est l’ambition d’Alstom dans le domaine de la voie ferrée ?
L’activité voie ferrée est aujourd’hui en pleine croissance, avec un chiffre d’affaires de 110 millions d’euros pour l’exercice 2006–2007, contre 40 millions il y a 5 ans, soit une progression de 275 %. En 2008, nous avons deux gros défis à relever.
Le premier concerne le projet Marmaray, notre plus grand chantier en kilomètres de voie à construire. Ce projet prévoit la construction par Alstom et TSO de 260 kilomètres de voie ballast, secteur où nous étions jusqu’alors encore peu présents. Pour renforcer notre position, nous avons décidé d’investir plusieurs millions d’euros en moyens de chantier ; nous avons effectué également de nombreux recrutements.
Le second enjeu concerne la mise en œuvre de notre procédé de pose de voie Appitrack, une méthode mécanisée de construction de voie béton unique au monde, développée par Alstom Transport depuis plus de 10 ans. Nous mettons actuellement en œuvre ce procédé à Jérusalem, et à Alger, en attendant de renouveler son utilisation à Reims, puis, à compter de 2009, à Orléans.
Plus généralement, nous avons pour ambition de dépasser les sociétés Colas Rail, Vossloh. Leader en pose de voie béton, nous devons encore renforcer notre position dans le secteur de la voie ballast.
* Cailloux calibrés servant à maintenir les traverses d'un chemin de fer.