![]() |
Home > Un tram, une ville
CITADISTM de Barcelone : comme un poisson dans l'eau !
Les deux lignes équipées de CITADIS font le bonheur de l'agglomération barcelonaise. Le tramway remplit pleinement ses objectifs commerciaux et est en phase avec l'image que la capitale de la Catalogne souhaite offrir. Quatre ans après la mise en service de la seconde ligne, CITADIS Mag revient avec Didier Marcaillou, ancien Directeur du Projet et aujourd’hui Directeur « Project Excellence », sur le succès de ce qui fut le premier contrat de tramway clés en main d’Alstom Transport ; une occasion de faire aussi le point sur ses possibles extensions à moyen terme.
Quelle était la problématique des transports en commun de Barcelone et de son agglomération ?
La desserte de l'agglomération barcelonaise commençait à être saturée. Le réseau de bus, en particulier, était devenu insuffisant. Dès lors, les responsables de la communauté d'agglomération avaient plusieurs possibilités : augmenter le nombre de bus, créer une ligne de métro ou une première ligne de tramway. Ils ont opté pour le tramway, un moyen de transport facile d'accès, économiquement rentable et offrant d'excellentes capacités. Il faut souligner que Barcelone a rapidement pris en compte les problèmes écologiques (avant bon nombre de grandes villes) et était soucieuse de son image. Ces éléments ont aussi plaidé en faveur du tramway, dont le projet s'est accompagné d'un vaste réaménagement urbain.
Quels sont les éléments qui ont permis à Alstom de faire la différence et de remporter ce marché ?
Préalablement à la construction de la première ligne, le client avait mis en place une voie d'essai d'un kilomètre, sur laquelle deux systèmes d'exploitation ont été testés, dont CITADIS. A l'issue de cette phase, c'est le consortium d'Alstom qui a été retenu. Hormis son positionnement prix plus intéressant, CITADIS bénéficie d'une image de modernité. Le concept modulaire de CITADIS, permettant d’augmenter facilement la capacité de transport, a également été vu comme un plus. A noter que cette solution existait déjà dans d’autres villes en France, ce qui sécurisait le projet. La possibilité de « customiser » les rames (le nez et l’agencement intérieur) a également séduit. En outre, nous avons réalisé un transfert de technologie entre les usines Alstom de La Rochelle et de Barcelone.
Pour concevoir la seconde ligne, le client, satisfait des prestations de CITADIS, a fait le choix de la continuité. Par ailleurs, elle a été mise en service en seulement 15 mois : un temps record. Enfin, bien que Barcelone ait été le premier contrat clés en mains pour CITADIS, le client a confié à Alstom la gestion de l’ensemble du projet, ce qui représentait pour lui un gage de tranquillité.
Le projet de Barcelone présentait-il certaines particularités ?
Nous étions en interface avec tous les acteurs de la ville : les maires des agglomérations, les administrations diverses, les habitants, les commerçants mais aussi les associations de quartiers. A noter que ces associations constituaient localement de puissants lobbies que nous devions prendre en compte. Pour l'anecdote, nous avons dû organiser un déplacement des représentants de l'une d'entre elles à Montpellier. Nous voulions les convaincre des avantages du tramway pour leur ville.
Une autre particularité est l’engagement sur le long terme d’Alstom auprès de la ville. Alstom est en effet actionnaire dans la société concessionnaire et assure la maintenance du matériel roulant et des infrastructures pendant une durée de 25 ans.
Existe-t-il de futurs projets à Barcelone ?
Oui. En raison du succès commercial de CITADIS, des municipalités sont intéressées par la desserte de leurs communes, par des ramifications des lignes existantes. Par ailleurs, les deux premières lignes desservent respectivement le nord et le sud de l'agglomération barcelonaise. L'interconnexion n'existe pas. Une réflexion existe pour relier ces deux lignes via le centre-ville de Barcelone. Cela nécessiterait la construction d'une ligne supplémentaire de 8 kilomètres.