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Un gage de qualité de service et de sécurité : la formation des conducteurs
Paramètre essentiel participant à la qualité d’un réseau de tramway : la formation des conducteurs. Echelonnés en général sur un mois, les cours dispensés aux stagiaires visent l’excellence et la précision. Retour d’expérience avec deux formateurs et deux conducteurs…
L’œil du formateur…
Entretien avec Luigi Grieco, Responsable de la formation opérationnelle chez Transdev. Il s’est d’abord consacré aux tramways de Grenoble et Strasbourg pour travailler dès 1997 sur le réseau de Montpellier.
« Des conducteurs de tramway triés sur le volet »
« Le recrutement des conducteurs de tramway est très sélectif : à Strasbourg en 1994, 160 candidatures sur 500 conducteurs ont été traitées et 250 candidatures sur 370 en 1999, à Montpellier. Pour devenir conducteur du tramway de Montpellier, le candidat doit être chauffeur de bus sur le réseau depuis au moins un an et avoir eu moins de quatre accidents sur les deux dernières années. Une fois sélectionné, après un entretien et des tests de psychomotricité (pour mesurer les réflexes), le conducteur suit une formation. Associant cours théoriques et entraînement pratique, celle-ci porte sur la connaissance du tramway, la signalisation en général, le tracé de la ligne, les différentes zones de manœuvre, etc..
Les consignes d'exploitation et de sécurité ainsi que la maintenance sont deux chapitres essentiels de la formation. Le conducteur doit en effet savoir réparer des pannes basiques, les services techniques n’intervenant qu’en cas d’incident important. Au terme de trois semaines de formation, l’habilitation est obtenue par le stagiaire s’il réussit les examens techniques et pratiques. Aujourd’hui, le taux d'échec sur l'ensemble des formations de tramway est faible, de l’ordre de 6 %. Une semaine après l’obtention de l’habilitation, le conducteur peut prendre son poste de conduite, accompagné d’un « tuteur », qui le suit pendant quelques jours selon ses capacités.
En définitive, la conduite d’un tramway est un « plus » dans leur carrière. C'est presque un nouveau métier. La terminologie ferroviaire est nouvelle, cela nécessite une rigueur plus importante et constitue un réel apprentissage !»
Hervé Deunff, Responsable de la formation chez Veolia Transport à Bordeaux depuis 2002. A occupé les mêmes fonctions pendant huit ans au sein du groupe Veolia Transport à Rouen, réseau doté lui aussi d’un tramway.
« Toutes les mesures de sécurité nécessaires sont prises, à chaque étape de la formation »
« A Bordeaux, ma mission principale a consisté à créer un cadre de formation afin de préparer l’ensemble des personnels à la conduite du tramway. Première étape : la formation de onze formateurs à la conduite du tramway. A leur charge après de partager leurs connaissances et leur expertise avec les 250 conducteurs. Nous avons donc profité du savoir-faire du groupe en la matière et travaillé en synergie étroite avec ALSTOM pour concevoir et assurer la coordination des programmes de formation.
Aujourd’hui, tout nouveau conducteur de bus intégrant notre réseau s’engage à passer l’habilitation à la conduite de tramway. Parallèlement, nous organisons des formations de suivi et de maintien des acquis. Répartie sur 17 jours, la formation porte sur 11 thèmes où l’aspect sécurité est en permanence en filigrane. A son terme, les candidats sont soumis à un examen théorique suivi d’un examen pratique portant sur la conduite d’une rame et la gestion de situations dégradées sur le réseau. L’habilitation est obtenue si les examens sont réussis avec succès (note minimale de 17/20). Le nouveau conducteur suit alors trois autres jours de formation, en exploitation commerciale, accompagné d’un conducteur-tuteur.
La sélection des candidats est très stricte, mais le jeu en vaut la chandelle. Les avantages de la conduite du tramway sont indéniables : outre le caractère très attractif du CITADIS bordelais, le confort de conduite est très apprécié des conducteurs. Ces derniers n’en oublient pas pour autant leur métier précédent puisque le réseau leur fait alterner conduite de tramway (trois semaines) et conduite de bus (une semaine).
Aujourd’hui, au sein du groupe Veolia Transport, la qualité de la formation bordelaise est pleinement reconnue. C’est à Bordeaux que les futurs formateurs à la conduite de tramway du réseau de Nice sont venus faire leurs premières armes sur le CITADIS ! »
L’œil du conducteur…
Carlos Silva, 28 ans, conducteur de bus et de tramway. Chez Veolia Transport depuis quatre ans et demi.
« Même si la conduite est plus exigeante, ma préférence va au tram »
« J’ai suivi une formation en 2004 durant un mois. Elle comportait deux volets : la théorie (apprentissage des procédures en cas de panne, connaissance de la signalisation et des manœuvres de sécurité …) et la pratique, axée sur la conduite. Un programme assez lourd qui marque les différences avec la conduite d’un bus. En effet, le conducteur de tramway doit être sans cesse sur le qui-vive et faire attention aux piétons et aux véhicules. Anticiper les réactions est l’une des principales préoccupations du conducteur. A Bordeaux, le tramway traverse de nombreuses zones piétonnes et plus de 127 carrefours. Il faut laisser le temps aux habitants de la ville de s’habituer au passage du tram et donc être soi-même vigilant pour tous en attendant qu’ils prennent leurs marques.
Néanmoins, la conduite d’un tramway présente un avantage de taille : le confort et l’ergonomie de la cabine, parfaitement adaptée à l’homme.
Enfin, conduire un tramway est plutôt valorisant. C’est un moyen de transport moderne qui bénéficie d’une excellente image auprès du public. »
Bredin Dit Normant Stéphane, conducteur de bus et de tramway à la TaM de Montpellier.
« Un conducteur de tramway n’a pas le droit à l’erreur »
« Je travaille depuis dix ans à la TaM. J’ai choisi d’être chauffeur de bus pendant les trois premières années de ma carrière et, depuis sept ans, je conduis des tramways. J’effectue un roulement de trois semaines de tram et d’une semaine de bus. Pour pouvoir exercer ce métier, j’ai reçu une formation assez dense, surtout d’un point de vue technique (électricité, sécurité, manœuvre, signalisation) de près de trois semaines.
La formation pratique m’a parue difficile, car la manœuvre d’un tramway est plus stricte que celle d’un bus. Pour le bus, la conduite relève du code de la route, qui nous est familier. Lorsque l’on conduit un tramway, il faut être très vigilant : la signalisation et les feux sont nouveaux, surtout ceux qui se trouvent sur la ligne à haute tension.
Malgré cela, ma préférence va au tramway car sa conduite est plus souple. Elle engendre moins de secousses, grâce aux rails, ce qui soulage mes problèmes de dos. Par ailleurs, nous sommes moins sollicités par les usagers pendant le trajet que sur le réseau de bus, qui me paraît plus adapté aux chauffeurs en quête de contact avec les usagers. »
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