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L’expertise d’ALSTOM, la modularité du CITADIS : des atouts concurrentiels pour la réparation de rames
Entretien avec Frédéric Gauthier, ingénieur mécanicien au bureau d'études des tramways et expert en structure de caisse, Jean-Christophe Gobert, Directeur de la plate-forme CITADIS, et Philippe Belleuf, responsable de projet technique ALSTOM en charge de la maintenance du tramway d’Orléans.
Dans quel cadre effectuez-vous la réparation des tramways ?
Nous pouvons intervenir de deux manières. Soit, si la maintenance est effectuée par le client, à travers un contrat spécifique de réparation. Soit dans le cadre de la maintenance des tramways que le client nous a confiée, comme à Orléans, Valenciennes ou Melbourne.
Par exemple, SETAO, l’exploitant des tramways d’Orléans, a choisi ALSTOM, constructeur de ces mêmes rames, en mai 2000 pour en réaliser la maintenance. D’une durée de 12 ans, ce contrat comprend la maintenance préventive et corrective des rames, la maintenance des outillages, le re-profilage des roues et la réparation. Lorsqu’une rame a été accidentée en novembre 2005, ALSTOM a pris en charge la réparation en collaboration avec la société SAFRA. Les dégâts occasionnés étaient importants et ont nécessité le remplacement d’une partie du châssis. Pour un coût d’un peu plus de 500 000 euros et un délai de réparation de 8 mois, cette opération a été plus rentable que la commande d’une rame neuve.
Pourquoi faire appel à ALSTOM ?
En tant que concepteur et constructeur de tramways, ALSTOM dispose d’une connaissance pointue du produit. Ainsi, en assurant l’interface entre notre client et le prestataire en charge de la réparation, nous lui faisons bénéficier de notre expertise en management de projet et de notre savoir-faire technique.
Pour des raisons techniques et de coûts pour le client, nous préférons réaliser la réparation sur les sites de maintenance de celui-ci. Pour cela, nous sélectionnons avec rigueur des prestataires locaux afin d’optimiser notre réactivité. Par exemple, à Melbourne, nous travaillons avec United Group, implanté en Australie. Afin de contrôler la qualité des réparations réalisées, nous effectuons un suivi et un contrôle très stricts des prestataires. L’objectif est que la rame réparée soit de qualité identique à un tramway qui sort de nos usines.
Notre performance dans la réparation de rame vient non seulement de notre expertise technique mais aussi de la modularité de la gamme CITADIS, qui nous permet de démonter toutes les pièces en peu de temps. Le délai d’immobilisation est ainsi très réduit par rapport à la concurrence, qui doit parfois immobiliser une rame un an, contre 6 mois chez ALSTOM.
Est-ce qu’ALSTOM est en mesure de réparer des rames qu’il n’a pas fabriquées ?
C’est tout à fait possible. Nous sommes intervenus sur des produits plus anciens que ceux de la gamme CITADIS, notamment des tramways fabriqués par la branche ferroviaire de Fiat, que nous réparons actuellement à Rome.
Quelles sont les différentes étapes qui ponctuent la réparation d’une rame ?
En fonction du type d’accident constaté par les équipes ALSTOM sur place (Chef de projet ou service après-vente), l’expertise peut se faire in situ, comme à Orléans, ou à distance, comme à Melbourne. Dans ce cas, les analyses et les préconisations de réparation sont effectuées sur la base de photographies et de comptes-rendus. En fonction des résultats de l’expertise, on décide de ce qui est réparable sur place et des actions à mener. A Melbourne, le processus de réparation a été défini par les bureaux d’études du site ALSTOM Transport de La Rochelle et un sous-traitant sur place a réparé la moitié du châssis. Pour Orléans, un châssis complet a été refait et emboîté sur le véhicule existant.
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