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La société d’ingénierie Ingérop, acteur central d’un projet tramway
Olivier Laporte-Many, directeur du Métier Transports au sein de la société d’ingénierie Ingérop, a participé à la maîtrise d'œuvre de nombreux tramways. Il revient pour Citadis Mag sur le rôle et l’expertise d’Ingérop dans le projet de Bordeaux. Interview.
Dans le cadre de la mise en place du tramway de Bordeaux, quel fut le rôle d’Ingérop ?
« Ingérop fait partie du groupement d'ingénierie qui a été chargé de la maîtrise d'œuvre du tramway de Bordeaux. Nous avons gagné ce marché dans le cadre d’un concours lancé par la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) à l'origine de la consultation en 1997. La CUB souhaitait savoir quel moyen de transport et quel réseau répondraient le mieux à sa problématique en tenant compte de la topographie et de l’organisation urbaine de la ville, tout cela avec un budget de 6 milliards de francs (plus de 914 millions d'euros) pour l’ensemble de l’ouvrage. Notre proposition a été retenue et nous avons remporté le contrat avec Systra et Thales Engineering. »
Comment Ingérop a-t-elle joué son rôle d’expert technique auprès de la Communauté urbaine de Bordeaux ?
« Notre travail a consisté à proposer différents tracés. Nous avons proposé trois lignes pour optimiser les corridors prioritaires de déplacement. C'est sur ce projet que nous avons été retenus pour la maîtrise d'œuvre. Il y a eu deux phases. La première a été la conception du réseau de transport et la seconde le suivi de réalisation de l’aménagement. La conception est elle-même composée de plusieurs étapes qui sont : un avant-projet (AVP), avec ses grandes lignes, son planning et son coût ; un projet détaillé (PRO), avec des plans au 1/500 incluant les stations, la position des plates-formes, l’insertion urbaine dans les rues, les parcs relais, les stations de correspondance, le garage atelier, etc. Cela permet de présenter un projet détaillé de ce qui va être construit. Ensuite, une fois le PRO validé par la CUB, nous avons lancé la consultation de toutes les entreprises concernées par les différentes disciplines du projet. Celles-ci vont des infrastructures (aménagements urbains et ouvrages de g énie civil) aux réseaux (EDF, GDF, France Télécom, assainissements…) en passant par la voie ferrée, l’énergie, la ligne aérienne de contact ou en encore le matériel roulant. Nous avons donc construit un tramway impliquant "tous les corps d'état", un peu comme dans le bâtiment. » |
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Pendant toute la période de construction, comment sont organisés les échanges avec le maître d'œuvre ?
« En général, le client (le maître d'ouvrage) met en place une équipe appelée "mission tramway" qui réalise la maîtrise d'ouvrage. Elle comporte des ingénieurs qui représentent le client. Nous avançons dans le projet sous son autorité. Pour des projets comme celui de Bordeaux, où les lignes traversent l'hyper centre-ville, il y a une connotation politique très forte. Les élus sont très attentifs à ce qui se passe dans leur commune ou communauté d'agglomération, car les habitants, qui sont aussi leurs électeurs, sont touchés au plus près par tout ce qui se passe pendant la durée des travaux. Ces derniers sont compliqués et très perturbants pour l'environnement urbain. Les élus mettent donc en place une concertation avec les riverains, les commerçants, les usagers, les associations de handicapés ou encore les chambres de commerce. Il est nécessaire que la population adhère au projet dès sa première phase. En outre, il y a également une déclaration d'utilité publique à réaliser. Celle-ci peut nécessiter des acquisitions foncières. Tout cela demande une politique de communication importante vis-à-vis des habitants. Ainsi, pendant les travaux, la CUB a embauché des jeunes, qui ont été chargés de faire l'interface entre nos ingénieurs de chantier les entreprises, les usagers et la communauté urbaine et veiller à ce que le chantier soit bien vécu. C'est un travail de tous les jours avec les élus pour leur expliquer les aspects techniques, les choix et tous les tenants et aboutissants du projet. Ils sont ainsi à même de relayer l'information. »
Pouvez-vous décrire les relations entre Alstom Transport et Ingérop sur le projet tramway de Bordeaux ?
« Dans le cadre de ce marché, Alstom s’est occupé d'un "macro lot", c'est-à-dire du matériel roulant, des voies ferrées et de l'alimentation électrique par le sol, ce qui impliquait une collaboration étroite avec les lots d’infrastructures. Nous nous sommes rencontrés lors de nombreuses réunions de chantier pendant plus de trois ans afin de gérer les interfaces entre le matériel roulant et tout ce qui doit être conçu autour : voie ferrée, plate-forme, fourreaux d'alimentation, garage atelier, etc. Notre collaboration a été très fructueuse. Le tramway de Bordeaux fut un chantier d'école où chaque partenaire a parfaitement rempli son rôle. »
Ingérop a travaillé au cours de ces dix dernières années sur les tramways de Grenoble, Bordeaux, Marseille, Nice, Clermont-Ferrant, Valenciennes, le T1 en région parisienne et Angers en France, Barcelone, Madrid, Grenade, Tenerife, Séville et Malaga en Espagne, Alger, Oran et Constantine en Algérie, Rabat au Maroc, et Morelia au Mexique.
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